Vendredi 29 février 2008
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16:36
Par Philippe Cochet, député UMP et auteur d'une proposition de loi sur la transparence des
syndicats.
L'affaire de l'UIMM a connu un nouveau rebondissement ce vendredi. Denis Gautier-Sauvagnac serait parti avec 1,5 million d'euros. Comment cela est-il possible
?
- Je trouve ce genre de chose absolument choquant. Comment se fait-il qu'un syndicat puisse débloquer une telle somme? Cela mérite des
explications. Je ne sais pas s'il s'agit d'une contrepartie ou pas, mais cela crée une forte suspicion envers toutes les organisations syndicales. C'est vraiment malheureux.
Il faut plus de lisibilité... D'où vient cet argent? Des cotisations? Des fonds non avoués? Il y a un vrai manque de transparence de la part des syndicats. Il y a quelques années, les partis
politiques étaient dans ce cas-là. Avec l'affaire des financements occultes.
L'affaire de l'UIMM, avec cette caisse noir financée on ne sait comment pour financer on ne sait quoi, aura permis de mettre le doigt sur quelque chose qui n'a plus lieu d'être. Ils doivent
publier leurs comptes! Depuis 1884, les syndicats n'ont pas évolué. Dois-je vraiment rappeler que nous sommes au XXIe siècle?
De plus, il me semble que, dès l'instant où leurs comptes seront publiés, ils auront un nombre d'adhérents croissants.
Pour le moment, les discussions sur la représentativité et le financement des syndicats
sont toujours en cours...
- Oui, je sais bien. Mais pour le moment, aucun syndicat n'est sorti en déclarant qu'ils étaient d'accord pour publier leurs comptes. C'est vraiment le cœur du problème. Pour quelles raisons des
partis politiques, des entreprises et même des particuliers devraient-ils rendre des comptes, et les syndicats non?
De plus, il y a un problème de crédibilité. Les leaders syndicaux se permettent de faire la morale aux entreprises, mais ils ne s'appliquent même pas eux les reproches qu'ils font. Nous parlons
d'une affaire de caisse noire, avec en outre une indemnité de départ de 1,5 million d'euros.
La publication de leurs comptes serait un gage de visibilité et d'honnêteté envers la population. A mon sens, c'est le rôle du Parlement de pousser à cette transparence.
De quelle manière ?
- Jusqu'à présent, tout le monde avait l'air d'y trouver son compte: les syndicats bien évidemment, mais aussi des entreprises -il faudrait vérifer si le comité d'entreprise d'EDF n'a aucun lien
avec la CGT-, voire même des partis politiques -et le Parti communiste avec la CGT.
Personnellement, cette situation ne me convient pas. Je pense qu'il faut que les syndicats, aussi bien patronaux que salariés, soient forts en France. A mon avis, comme je vous l'ai dit, cette
force passe par la visibilité de leurs comptes. J'ai donc proposé une loi au Parlement, qui demande que chaque année les comptes des syndicats soient rendus publics et certifiés par deux
commissaires aux comptes. Ils devront entre autres retracer l'ensemble de leur activité, ou encore intégrer les dons et avantages en nature. Ils devront bien évidemment être compréhensibles par
tous.
Un syndicat moderne doit avoir un financement transparent.
Propos recueillis par Julie Schneider,
(le vendredi 29 février 2008)
Par Schneider Julie
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Publié dans : Economie
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